Série de plats et coupelles.
Le rectangulaire est un plat à tarte qui va au four.
Derrière, gros saladier sang-de-bœuf. La coupelle est un céladon à base de réduction d'oxyde de fer et de cendres de lavande, ce qui donne cette couleur vert bleu assez indéfinissable. Les pièces sont tournées ou montées au colombin ou à la plaque (grande galette sur un support de plâtre) et cuites en atmosphère réductrice, pendant 10 à 12 heures, à près de 1300 degrés.
Mariage de terre et de rêve,
l'art d'un céramiste
Loin des grands axes propices aux caravanes moutonnières des vacances, le Quercy blanc étage la beauté sauvage de ses Causses. Face à Lauzerte solidement accroché à son piton rocheux, sur un tertre isolé, Jacques Buchholtz a choisi de vivre et de travailler. Si aujourd'hui sa notoriété de céramiste a largement dépassé les frontières de l'hexagone et lui permet de parcourir le monde, il n'en reste pas moins viscéralement attaché à cette solitude tranquille. Fidèle aux chemins de méditation bordés de buis de son ancienne abbaye, «le Chartron», qui prend maintenant des allures plus prosaïques de maisons bourgeoises (il y vit avec ses trois enfants), Jacques Buchholtz a installé son atelier. Il puise là ses forces et conforte ses aspirations au milieu de ce paysage de garrigue hérissé de chênes anciens et de genévriers. La céramique par définition s'attache à tout ce qui touche la terre. La terre quercynoise donc, l'artiste l'a faite sienne. En accord avec la nature et lui même, chaque jour, il la remodèle, il la recrée... Alliant la connaissance vigoureuse de la technique apprise à l'Ecole Supérieure des Métiers d'Art, et la pulsion du moment, les pièces qui sortent du four tendent vers une simplification de plus en plus épurée. Passés par l'épreuve magique du feu, parfois les savants mélanges d'oxydes et de cendres végétales réservent des surprises: les pièces éblouissent le regard ou bien anéantissent les espoirs du potier, «à chaque fois comme un arbre de Noël».
Jacques Buchholtz accoudé au tour de potier. Devant lui, une sculpture: "Le Verger», et une grande jatte en grès bleu. Derrière, un peu en retrait, "La Galère», œuvre primée à Toulouse au Salon des Artisans.

 

Symbolique du village fortifié. Il est en grès et se tient perché sur une grosse pierre calcaire du Causse. Des toits, s'échappent des mousses sauvages.

 

"La Galère". Enorme vase de grès en forme de bateau de pirates. Les personnages figurent des anges qui rament. C'est le premier vaisseau de /' espace fabriqué par /' artiste qui entame maintenant une véritable armada.

Les objets utilitaires, vases, coupes, saladiers, assiettes acquièrent chez l'artiste une nouvelle dimension. En prolongeant le geste de la main, ils deviennent beaux. Quant aux créations inventives et chimériques, Jacques Buchholtz les traduit passionnément par la fabrication de villages fortifiés semblables à ceux qui bordent son horizon, par des combats d'anges semblables à ceux qu'il imagine dans la tête, par des fontaines de vie, des murs de liberté, des bastides extraordinaires au milieu de la mer ou du ciel, des terres, des étoiles...

"Un peu de rêve dans la tête. Un peu de terre dans les mains. Beaucoup de joie dans le cœur».

Gros plan sur "Le Verger», ainsi a-t-il baptisé cette sculpture en forme d'amalgame sur laquelle poussent des petits arbres de porcelaine blanche.
Toujours la symbolique du village bastide cher au cœur de Jacques Buchholtz.Ce village se place au milieu d'un tableau de faux marbre dont les couleurs figurent la mer ou le ciel selon qui le regarde.

Très belle urne en grès aux formes élégamment épurées.

Une autre version du village fortifié pour ce tablier de cheminée de grès, cuit à 1300degrés. Il mesure deux mètres de haut sur deux mètres de long.

Jatte en grès d'un bleu étonnant pour famille nombreuse.